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Désargence.over-blog.com

La peur est bonne conseillère!

22 Mars 2020, 14:15pm

Publié par AUPETITGENDRE Jean-François

"Maman! J'ai peur... Le méchant virus attaque". "Ne crains rien, répond le président Macron, je lui ai déclaré la guerre!..."

La peur étant souvent bonne conseillère, je viens de dégotter deux textes, l'un émanant d'une doctoresse urgentiste que je vous mets ici intégralement et un autre (non signé) paru sur l'excellent site Lundi-Matin et dont j'en ai tiré la substantifique moelle.

Par Sophie Mainguy, médecin urgentiste. (voir)

"Il est intéressant de constater combien nous ne savons envisager chaque événement qu’à travers un prisme de défense et de domination.

Les mesures décrétées [...] par notre gouvernement sont, depuis ma sensibilité de médecin, tout à fait adaptées. En revanche, l’effet d’annonce qui l’a accompagné l’est beaucoup moins.

Nous ne sommes pas en guerre et n’avons pas à l’être.

Il n’y a pas besoin d’une idée systématique de lutte pour être performant.

L’ambition ferme d’un service à la vie suffit.

Il n’y a pas d’ennemi.

Il y a un autre organisme vivant en plein flux migratoire et nous devons nous arrêter afin que nos courants respectifs ne s’entrechoquent pas trop.

Nous sommes au passage piéton et le feu est rouge pour nous.

Bien sûr il y aura, à l’échelle de nos milliards d’humains, des traversées en dehors des clous et des accidents qui seront douloureux.

Ils le sont toujours.

Il faut s’y préparer.

Mais il n’y a pas de guerre.

Les formes de vie qui ne servent pas nos intérêts (et qui peut le dire ?) ne sont pas nos ennemis.

Il s’agit d’une énième occasion de réaliser que l’humain n’est pas la seule force de cette planète et qu’il doit - ô combien- parfois faire de la place aux autres.

Il n’y a aucun intérêt à le vivre sur un mode conflictuel ou concurrentiel.

Notre corps et notre immunité aiment la vérité et la PAIX.

Nous ne sommes pas en guerre et nous n’avons pas à l’être pour être efficaces.

Nous ne sommes pas mobilisés par les armes mais par l’Intelligence du vivant qui nous contraint à la pause.

Exceptionnellement nous sommes obligés de nous pousser de coté, de laisser la place.

Ce n’est pas une guerre, c’est une éducation, celle de l’humilité, de l’interrelation et de la solidarité."

 

Le deuxième texte est intitulé Monologue du Virus: (voir)

« Nous autres, virus, depuis le fond bactériel du monde, sommes le véritable continuum de la vie sur Terre. Sans nous, vous n’auriez jamais vu le jour, non plus que la première cellule…

« Nous sommes vos ancêtres, au même titre que les pierres et les algues, et bien plus que les singes… Si vous n’aviez pas été aussi rapaces entre vous que vous l’avez été avec tout ce qui vit sur cette planète, vous auriez encore assez de lits, d’infirmières et de respirateurs pour survivre aux dégâts que je pratique dans vos poumons…. Je ne viens qu’exécuter la sanction que vous avez depuis longtemps prononcée contre vous-mêmes….

« Les plus honnêtes d’entre vous le savent bien : je n’ai d’autre complice que votre organisation sociale, votre folie de la « grande échelle » et de son économie, votre fanatisme du système. Seuls les systèmes sont « vulnérables ». Le reste vit et meurt. Il n’y a de « vulnérabilité » que pour ce qui vise au contrôle, à son extension et à son perfectionnement...

« Voyez donc en moi votre sauveur plutôt que votre fossoyeur. Libre à vous de ne pas me croire, mais je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence …. Voyez comme je ramène vos gouvernants à leur rang réel de misérables margoulins, et arrogants avec ça !... Demandez-vous plutôt comment vous avez pu trouver si confortable de vous laisser gouverner...

« Que l’un vous confine dans votre intérêt et l’autre dans celui de « la société », revient toujours à écraser la seule conduite non nihiliste : prendre soin de soi, de ceux que l’on aime et de ce que l’on aime dans ceux que l’on ne connaît pas….

« Sans moi, combien de temps encore aurait-on fait passer pour nécessaires toutes ces choses inquestionnables et dont on décrète soudain la suspension ? La mondialisation, les concours, le trafic aérien, les limites budgétaires, les élections, le spectacle des compétitions sportives, Disneyland, les salles de fitness, la plupart des commerces, l’assemblée nationale, l’encasernement scolaire, les rassemblements de masse, l’essentiel des emplois de bureau, toute cette sociabilité ivre qui n’est que le revers de la solitude angoissée des monades métropolitaines : tout cela était donc sans nécessité, une fois que se manifeste l’état de nécessité…

« Grâce à moi, pour un temps indéfini, vous ne travaillerez plus, vos enfants n’iront pas à l’école, et pourtant ce sera tout le contraire des vacances. Je vous désœuvre ! ...

« Remerciez-moi, je vous place au pied de la bifurcation qui structurait tacitement vos existences : l’économie ou la vie… Soit les gouvernants vous imposent leur état d’exception, soit vous inventez le vôtre… Soit vous employez le temps que je vous donne maintenant pour figurer le monde d’après à partir des leçons de l’effondrement en cours, soit celui-ci achèvera de se radicaliser…

« L’économie est le ravage. C’était une thèse avant le mois dernier. C’est maintenant un fait. Nul ne peut ignorer ce qu’il faudra de police, de surveillance, de propagande, de logistique et de télétravail pour le refouler…

«J’ai dû me rendre à l’évidence : l’humanité ne se pose que les questions qu’elle ne peut plus ne pas se poser. »  

 

Deux textes édifiants qui, sans s'en douter (?), donnent beaucoup d'eau au moulin de la désargence...

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