Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Désargence.over-blog.com

Le trafic de faux médicaments.

12 Février 2020, 11:31am

Publié par AUPETITGENDRE Jean-François

Mme Aline Planchon, Interpol.

  

   

           Aline Planchon, qui depuis dix ans lutte au sein d’Interpol contre le trafic des faux médicaments, nous dit que cette activité est 15 fois plus lucrative que le commerce de l’héroïne ! C’était ce mardi 11 février 2020 dans l’émission d’ARTE “28 minutes”. 2 Evidemment, dans une telle émission et sur une telle chaîne, cette sympathique -et sûrement compétente- policière nous a été présentée comme une héroïne, une chevalière blanche se battant pour le salut de l’humanité.

                Certes, ces faux médicaments fabriqués clandestinement risquent plus de tuer que de guérir : surdosage ou sous-dosage des principes actifs, voire purs placébos, adjuvants douteux, posologies erronées, etc. Les ravages de ces médicaments vendus sur Internet sont évidents. En Afrique, on estime que 30 à 60% des médicaments vendus sur les marchés sont inefficaces ou dangereux. Aline Planchon s’est donné bien du mal pour sauver le monde : dix-huit opérations internationales, saisie de millions de faux médicaments, des centaines d’arrestations, démantèlement de réseaux transnationaux et un livre : "Faux médicaments, un crime silencieux" paru aux éditions du Cerf.  On peut y lire que "le marché de la santé est bel et bien une guerre qui recouvre des enjeux géostratégiques." On ne peut être plus clair et plus combatif, bravo Madame, bravo Interpol !

                Le problème, c’est que ce trafic en expansion rapporte plus de 100 milliards de dollars par an aux mafias. Quelles que soient les peines encourues par les trafiquants, les bénéfices sont tels qu’ils continuent et oublient les décès qu’ils provoquent sur les malades, sur des femmes et des enfants. Bien entendu, les doctes journalistes du plateau dénoncent ces pays qui n’ont même pas de législations adéquates (1 sur 5), les peines trop légères infligées aux trafiquants, le manque d’information et de prévention. Il est temps d’imposer la mise en place de logos sur les sites internet qui vendent de “bons médicaments” pour informer le consommateur !…

                Soyez sérieux, Messieurs-dames d’Arte !  Nous avons un siècle d’expérience de lutte contre les trafics de drogue, et nous recommençons les mêmes stratégies de lutte, les mêmes moyens de prévention, les mêmes discours lénifiants sur ce “commerce scandaleux… qui tue des petits enfants… sur ces gens sans feu ni loi… qui se font un fric de dingue sur la vie des autres…” Le créneau est porteur, il émotionne bien dans les chaumières, il émulsionne bien l’économie mondiale ! Après tout, l’argent de ce trafic retourne toujours dans l’économie honnête après un léger blanchiment. Nous finirons par nous demander s’il ne faut pas légaliser ce commerce pour mieux le contrôler, à défaut de pouvoir l’éradiquer.

                Imaginons maintenant un système sans argent, sans profits financiers, sans rien à acheter ni vendre. Immédiatement, les trafiquants seraient au chômage ! Qui va acheter un produit douteux quand un bon médicament est en accès libre ? Qui va s’embêter à recopier des médicaments qui ne valent et ne rapportent plus rien ? Même les médicaments actuellement ruineux comme les traitements anticancéreux ne coûtent quasiment rien à la fabrication. Sans argent, plus de brevets, plus de génériques, plus de puissants laboratoires et leurs armées de lobbyistes, plus de calcul entre la recherche sur une maladie orpheline ou pandémique…

                Nous avons là un cas type de problème insoluble dans un cadre monétaire et qui disparaîtrait immédiatement après l’abolition de l’argent. Les indignations, les répressions, les préventions, les législations sont impuissantes contre les pratiques mafieuses. La qualité des hommes qui s’y opposent n’est pas en cause. Les institutions telles Interpol ne seraient pas plus efficaces avec un budget doublé. Aucune morale publique n’empêchera la recherche de profits rapides et volumineux, ni dans les mafias, ni dans les banques, ni dans l’industrie. La suppression de l’argent, si. Il serait peut-être temps de réfléchir à la société de l’Accès qui seule serait efficace en ce domaine !  

         

 

Commenter cet article