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Désargence.over-blog.com

Le travail.

2 Décembre 2019, 16:22pm

                Le travail a été porté au rang de valeur morale, aussi bien par les communistes que par les capitalistes, par les religieux que par les matérialistes. Tu travailleras à la sueur de ton front, tout travail mérite salaire, l’oisiveté est mère de tous les vices…. On pourrait remplir des pages d’expressions semblables qui arrangent ceux qui font travailler les autres bien plus qu’ils n’élèvent ceux qui travaillent au bénéfice des chantres du travail émancipateur.

                La manœuvre a été habile puisque les victimes du travail ont eux-mêmes œuvré pour obtenir une médecine du travail, un droit du travail, des indemnités compensant la perte du travail, quand il aurait fallu abolir ce fléau universel. Nous vivons une curieuse époque où le chômage de masse s’installe durablement, où l’homme devient de plus en plus “superflu” et où l’on continue à vouloir libérer le travail au lieu de libérer l’homme du travail.

                Chose tout aussi curieuse, il y a sans doute plus de Français en activité que de gens au travail. Les associations 1901 représentent le plus gros employeur du pays. Un français sur quatre fait du bénévolat régulièrement. Beaucoup d’autres ne sont pas comptabilisés parce qu’ils ont des activités non salariées hors du cadre des associations, parce qu’ils participent occasionnellement à des actions ponctuelles ou à des groupes informels. C’est sans compter aussi sur les activités non salariées mais quotidienne comme le soin et l’éducation des enfants, les services rendus aux uns et aux autres sans contrepartie d’aucune sorte.

                Si demain, nous n’avions plus la nécessité de gagner notre vie pour survivre, si nous n’avions plus rien à payer pour nous déplacer, nous loger, nous instruire, cette masse d’activités prendrait encore plus de place, d’autant que nous aurions plus de temps pour les réaliser. Il y a tout à parier que l’activité choisie et réalisée par goût, par passion ou simplement pour meubler un temps qui sans cela serait mort, donnerait des résultats autrement plus productifs que ceux du salariat où la majorité des gens n’aiment pas ce qu’ils font et ne le font que par nécessité matérielle.

                Nos hôpitaux sont malades, les services d’urgences au bord de l’explosion, une bonne part du personnel proche du burnout. Le numérus clausus n’a été inventé que pour préserver un gros salaire aux professionnels qui y sont soumis. Les études de médecines ont été conçues de telle façon que la mémoire soit plus valorisée que la passion, que les ambitions de carrière et les calculs de train de vie priment sur le goût du soin.

                Ce qui est vrai pour un grand hôpital l’est aussi pour une centrale électrique, l’organisation d’un réseau de chemin de fer, une unité de métallurgie. Un service postal. Toutes ces grosses unités créées dans le cadre du salariat sont en difficultés et l’esprit qui les animaient jadis est définitivement mort : la passion du rail, la conscience professionnelle des postiers, l’amour du bel ouvrage pour les ouvriers… Seule une abolition du salariat et le passage du travail à l’activité choisie peut régénérer cet épouvantable gâchis…

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