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Désargence.over-blog.com

Le pari de Pascal ?...

6 Décembre 2019, 10:59am

 

                L'argument de Blaise Pascal tente de prouver qu'une personne rationnelle a tout intérêt à croire en Dieu, que Dieu existe ou non. Je pense comme Brassens que ce pari est stupide quand il s’agit de croire en Dieu, mais quand il s’agit croire en une société sans argent, je le trouve logique.

                On sait bien que les futurologues se sont généralement trompés même si quelques-uns ont été prémonitoires. Le monde technologiste qu’on nous annonçait dans les années 1950 a tout pour nous faire rire aujourd’hui. En revanche le monde orwellien de “1984” nous fait trembler tant on y voit des concordances de temps.

                Nul ne sait quand et comment vont s’enchaîner les multiples problèmes qui ont conduit à l’invention de la collapsologie et qui m’ont amené à réfléchir au pivot de l’argent. Mais quelques soient les calculs de probabilités que l’on peut s’inventer, la prudence minimum est maintenant de rigueur. Un bon assureur majore les risques, intègre dans ses calculs les dangers les plus improbables et minore le plus possible les remboursements qu’il octroie. Aucun d’eux ne le nierait. Du côté assurés, il en est de même. Quand on acquiert une maison, on ne l’assure pas uniquement si l’on est certain de subir un dommage. On n’assure pas sa voiture parce qu’on est certain que l’accident arrivera, mais parce qu’il pourrait arriver. Pourquoi ferions différemment quand il s’agit de notre planète et surtout de la survie de notre espèce ?

                Il est irrationnel de prendre le risque d’un effondrement global sans rien faire, et il est tout aussi  irrationnel de s’enfermer dans un blockhaus sécurisé ou de subir un entrainement de style Rambo en croyant survivre. Je vous rappelle qu’à la fin du film, après avoir mis en échec toute une armée, Rambo tombe en pleurs dans les bras de son colonel instructeur !    

                Il ne s’agit plus de croire ou de ne pas croire. Les risques sont aussi réels que les solutions avancées sont dérisoires. Le pari est entre la possibilité que les collapsologues aient raison quand ils nous annoncent une échéance de dix à quinze ans ou qu’ils se trompent et qu’une avancée technologique majeure, un homme providentiel ou la conversion d’une foule immense à l’écologie nous sorte de l’impasse.  

                Si les collapsologues ont raison, c’est le moment où jamais de mettre à plat tout le système qui nous aura fait si peur et d’en reconstruire un autre plus viable. De toute façon, s’ils ont raison, le chaos sera tel que nous n’aurons guère d’autre choix que d’improviser. Or, en jazz comme en civilisation, celui qui improvise le mieux, c’est toujours celui qui a longtemps fait ses gammes, pas celui qui se retrouve avec une guitare dans la main sans savoir par quel bout la prendre.

                Si les collapsologues ont tort, ce sera peut-être le chaos dans bien des domaines, mais pas la fin de l’espèce. L’humanité a déjà survécu à la peste noire (pourtant capable de tuer un Européen sur deux entre novembre 1347 et décembre 1351 et ne s’arrêtant qu’aux confins de la Sibérie faute de victimes potentielles). On a survécu à deux guerres mondiales (dont la première a vu le nombre de morts augmenté de 2,4 millions du fait de la grippe espagnole). L’humanité n’a pas disparu pour autant !

                Donc, après quelques aménagements, on régulera un peu mieux cet argent que nous maudissions tant, on instaurera peut-être un Revenu Universel, on inventera un gouvernement mondial pour gérer cet environnement qui n’a pas de frontière. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas en profiter pour prendre des mesures plus radicales sur des sujets que nul n’est parvenu à réguler dans ce cadre ? Avoir réfléchi préalablement aux six catégories que nous propose Anselm Jappe, c’est être prêt quand la bise sera venue, ou aller plus loin dans les réformes si le printemps est précoce !  Poser la question aussi crument qu’en terme d’abolition, c’est se garantir quel que soit l’avenir. Refuser de se poser la question en ces termes, c’est jouer avec le feu, c’est prendre le risque qu’un dernier Mohican soit chargé d’éteindre la lumière en partant…

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