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Le numérique, problème ou solution ?

30 Décembre 2019, 16:39pm

 

                La révolution numérique a été si rapide et si globale que nul n’est capable de dire ce qu’il en sortira, si l’avenir nous réserve le chaos total ou l’avènement d’une autre ère fondée sur des paradigmes nouveaux. Les opposants au numérique ont toujours été très actifs mais n’ont pu l’empêcher de se développer, de coloniser tous les aspects de la vie, de modifier radicalement les usages et les mentalités. On peut l’encadrer, le contrôler, mais s’en passer paraît désormais trop tard. En peu de temps, le numérique a changé notre conception du temps et de l’espace. Nous pouvons converser avec n’importe quel habitant de n’importe quelle région du globe. Ce qui nécessitait des heures de travail se fait désormais à la nanoseconde. Trouver l’occurrence d’un mot parmi des millions d’ouvrages se fait en quelques secondes quand on y aurait passé jadis des décennies.

                Certes, ce bel édifice tient à l’existence d’énormes banques de données, à des connections par câbles ou satellites et le moindre dysfonctionnement dans la production électrique bloque l’ensemble du système. Pourtant, il est probable qu’en cas d’effondrement, le numérique continuera sa route, autrement mais avec tout autant de prégnance. Après tout, un ordinateur peut fonctionner avec un simple panneau photovoltaïque, les données peuvent transmises par clé USB, acheminée à cheval s’il le faut, si les fournisseurs d’accès sont inopérants. Mais l’internet est avant tout un réseau qui a été créé pour fonctionner en toutes circonstances, même avec la défaillance d’un ou plusieurs maillons du réseau. La fragilité du numérique connecté, aussi souvent mise en avant autant que sa supposée emprise sur nos vies, c’est un peu croire que sans stylos, l’écriture disparaîtrait ou que sans micro, toute conférence serait impossible ! Nous sommes tous capables de retrouver les vieilles recettes d’encre d’antan et d’apprendre à tailler des plumes et des calames. Dans l’amphithéâtre d’Epidaure, une feuille de papier froissée entre les mains d’un acteur s’entend au dernier rang des gradins, sachant qu’il peut  tout de même contenir 12 000 spectateurs.

                La plupart de ceux qui tentent d’élaborer ce que serait une société de l’accès, espèrent beaucoup du numérique qui en permettrait la gestion, même en cas de faillite complète du système de distribution d’énergie électrique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Nous l’envisageons avec d’autant plus de sérénité que la plupart des critiques faites au numérique tombent en même temps que l’argent. Les hackers qui souvent nous pourrissent la vie avec des virus qui n’ont d’autre intérêt que de vendre des antivirus perpétuellement obsolètes ou de vider notre compte en banque. Sans l’appât de l’argent, leur immense talent trouvera bien quelques saines occupations. Les big datas sont terriblement énergivores, mais sans les profits financiers, ils pourraient être délocalisés en multiples mini centres bien mieux gérables, sur le mode de la blockchain. Le contrôle des populations via le pillage de nos données personnelles n’ont pas d’autre but que de nous cibler commercialement et de nous inciter à consommer ce dont nous n’avons pas réellement besoin. Les États ne font qu’utiliser ces données monnayées par les GAFAM dans un but de contrôle politique. Mais dans une société fondée sur la coopération et l’entraide, nous  aurions du mal à convaincre un quidam quelconque de se livrer à ce type d’espionnage. Les appareils du numérique contiennent des terres rares et des métaux extraits par des enfants dans le Tiers-monde, nous dit-on. Mais qui nierait que nous sommes capables de fabriquer des appareils quasiment inusables, adaptables aux variations d’usage simplement par l‘uniformisation des cartes mémoires. Dans ce cas, quel intérêt à changer de smartphone tous les ans, à fabriquer des ordinateurs surdimensionné par apport à ce que l’on en fait et de surcroît fragiles ?...

                La critique du numérique est critiquée à juste titre aujourd’hui car il s’intègre dans un contexte marchand. Le même outil dans un autre contexte aurait sans doute quelques effets pervers mais sûrement pas ceux dont nous nous plaignons aujourd’hui.

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