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Désargence.over-blog.com

La recherche scientifique

5 Décembre 2019, 11:57am

                La recherche scientifique est toujours liée à des questions budgétaires, soit qu’un secteur de recherche s’avère exorbitant (tenter un voyage vers mars), soit qu’un autre manque cruellement de moyens, au point que l’on fasse des appels au peuple, (pour la médecine par exemple avec les téléthons). En outre, l’obsession capitaliste du profit financier favorise la recherche sur le grand marché du cholestérol bien plus que sur les maladies “orphelines” qui ne concerne qu’une poignée de malade. La recherche fondamentale est boudée au profit de la technologie immédiatement brevetable. Certains secteurs de recherche sont susceptible de mettre un secteur financier en péril, tuer par exemple le marché du pétrole en découvrant un carburant écologique et peu coûteux. L’invention du chemin de fer n’a-t-il pas tué l’énorme marché de la traction animale ? En résumé, la recherche scientifique est une bonne chose à condition qu’elle rapporte vite et beaucoup, qu’elle ne détruise pas un autre marché, qu’elle soit rapidement associée à des applications technologiques, que les chercheurs ne soient pas trop exigeants en investissement, etc.   

                L’exemple de la recherche sur la fusion froide est admirable. Une centaine de chercheurs dans le monde travaillent sur cette technologie qui consiste à contraindre les noyaux de deux molécules différentes à fusionner. C’est le contraire de la fission nucléaire où l’on casse un noyau, mais dans les deux cas, cela produit de l’énergie. Il n’est pas question ici de débattre sur la validité ou l’intérêt de cette recherche sans en avoir la capacité, mais plutôt de constater ce que la communauté scientifique en fait et pourquoi. Pour ces quelques chercheurs, le procédé, encore au stade expérimental,  pourrait solutionner nombre de problèmes liés à l’énergie.

                D’autres préconisent l’abandon de l’uranium au profit du thorium qui serait abondant, moins polluant et plus efficace. Les études sur le stockage de l’énergie électrique sont légion mais mettraient en danger toute la conception centralisée de l’énergie…

                 Vrai ou faux, ce n’est pas à moi de juger du bien-fondé de ces recherches et je ne fais que constater une chose simple : si ces théories sont juste, le lobby des pétroliers, des fabricants de piles classiques, du nucléaire ne seront pas à la fête !  Ces chercheurs sont donc privés de subventions, de publications dans les revues scientifiques et sont en outre dénigrés avec une violence qui n’a rien de scientifique. Nombreux sont les papiers publiés pour expliquer qu’il s’agit d’arnaques, de rêves de savants fous aussi vain que le mouvement perpétuel, quand ce n’est pas du bricolage pour concours Lépine ! Qui a tort, qui a raison ?

                Dans le cadre d’une économie de marché, c’est impossible de le savoir. Le risque est trop grand pour qu’on pousse sereinement une expérience au bout de sa logique et qu’on l’on sache si réellement, la question des transports, de ses pollutions, de ses usages en matières rares ou en voie de disparition, pourrait être amoindrie, voire effacée par la fusion froide ou le thorium. Si les tenants de ces technologies ont tort, pourquoi ne pas les laisser faire jusqu’à ce que l’évidence calme leurs ardeurs d’inventeurs fous ? S’ils ont raison, la question de l‘énergie qui est au cœur de notre impasse pourrait bien être résolue. Une mini centrale par maison ou immeuble rendrait obsolète l’énorme machinerie de l’électricité industrielle avec ses polluants radioactifs et carbonés.

                Si l’effondrement annoncé nous contraignait à abandonner la question des profits financiers, nul doute que la communauté scientifique en serait suffisamment libérée pour qu’il soit répondu rapidement à ces questions sur l’utilité ou de la folie de la fusion froide, sur la voiture à hydrogène qui périodiquement réapparaît, sur captage de l’immense énergie solaire qui prduit la photosynthèse…

                Ce que la nécessité du profit empêche, une société a-monétaire le permettrait. Dans une interview chez BFM, Marcel Gauchet se vantait d’avoir acquis une belle résidence de campagne, trois chevaux et deux calèches afin d’être autonome dans ses déplacements quand la crise sera venue. Que n’a-t-il plutôt soutenu les chercheurs de la fusion froide pour que l’humanité soit enfin à même de choisir entre l’arnaque ou le génie, entre la libération de tous nos problèmes de mobilité ou le retour à la calèche. En plus, cette opacité induite par les questions d’argent ouvre la porte à toutes les théories complotistes tant décriées. Comment le citoyen lambda serait-il capable de comprendre des questions aussi complexes, de faire le choix entre le scientifique honnête et celui qui ne cherche qu’à vendre des articles et des conférences sur la mafia des académies et des lobbies ?

                Il est bon d’ajouter aussi que toutes les grandes découvertes qui ont fait évoluer l’humanité ont presque toutes été faites par des passionnés plus que par des “subventionnés”, par amour plus que par profit, par accident plus que par programmation. Or, l’argent a tendance à privilégier le laboratoire high-tech plutôt que le garage du savant fou, le diplôme plus que le génie, le cadre officiel plus que l’originalité. C’est un immense gâchis !    

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