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La goutte d'eau ou l'étincelle...

6 Décembre 2019, 15:34pm

 

                Nul ne peut prédire comment et à partir de quelle étincelle la poudre prendra feu, quelle goutte d’eau fera déborder le vase. Mais on peut en imaginer quelques-unes tout à fait plausibles.

                L’étincelle financière est la plus souvent évoquée, ne serait-ce parce que l’équilibre de la finance mondiale est si précaire que le château de cartes peut s’écrouler à tout moment. Inflation, déflation, faillites en chaîne, peu importe. La mondialisation a relié les maillons les uns aux autres au point que le plus faible de ces maillons définit la solidité de toute la chaîne. La rupture peut survenir à tout moment et de façon globale.

                Les hyperinflations connues, comme celle de l’Allemagne en 1922, de la Hongrie en 1946, de l’Argentine en 1980, du Zimbabwé en 2008, ont toutes été atténuées de l’extérieur par les institutions internationales ou des grandes puissances, par des injections de prêts massifs, de réformes structurelles drastiques. De même, les grandes faillites bancaires aux USA comme en Italie ont été renflouées par les banques centrales et le contribuable. Mais aujourd’hui, que se passerait-il si une banque systémique faisait défaut en entraînant la faillite de quantités des autres banques qui lui sont liées ? La même recette utilisée en 2008 ne fera que reproduire les mêmes effets, préparer une autre crise qui serait encore plus grave.

                Autre étincelle ou goutte d’eau probable est celle de la fin annoncée de la croissance mondiale. Provisoirement maintenue positive par les pays émergents, on peut craindre que le point de rupture soit atteint sous peu. Le capitalisme ne peut vivre sans sa croissance, au point qu’il ait inventé le fabuleux concept de Produit Intérieur Brut (PIB) comme outil principal de mesure de cette croissance. Officiellement  défini comme “valeur totale de la production de richesse d’un pays”, la chute ou l’augmentation du PIB est toujours assimilé à la croissance. Mais ce que mesure le PIB est en fait la quantité des mouvements monétaires. Or, une catastrophe naturelle, des émeutes populaires causant des dégâts matériels augmente de facto la production de richesse. Il faut bien réparer, soigner, reconstruire...L'argent passe des assureurs aux assurés, il circule des assurés aux artisans, la croissance est là. Vive la catastrophe dit le capitaliste!

                Mais l'étincelle peut aussi venir de la politique, puisque l'on voit presque partout le "parti des abstentionnistes" prendre de l'ampleur, y compris dans les pays où le vote est obligatoire. Peu à peu, on se rapproche des 50%, parfois ce seuil est dépassé comme aux élections législatives grecques de 2019 (54% d'abstentions). Que ce passerait-il si ce mouvement passait un seuil tel que plus aucun pouvoir politique ne serait légitime?...

                 Il est possible aussi que le climat s'emballe et que des +2° souhaités nous atteignons 4, voire 5° en peu de temps. L’activité photosynthétique augmente avec la température jusqu’à 35°C pour s’arrêter vers 45°C.  Cette température a été dépassée dans le sud de la France cet été 2019! Sans photosynthèse, la vie s'arrête, y compris pour les humains. Il restera cependant quelques scorpions, ces bêtes là résistent à tout, pour recommencer à zéro le phénomène de l'évolution! 

               Il est possible que l'humanité coincée au fond de ses impasses, opte pour une guerre qui réduise notablement la population mondiale, qui relocalise l'activité humaine, qui contraigne à changer de modèle.

                Il se peut qu'une disparition des insectes pollinisateurs provoque des famines telles que le choix ne soit plus entre la peste et le choléra mais entre la survie dans un autre modèle ou l'extinction

 

                 Et plus nous nous rapprochons de ce point de rupture, plus les élites s’enfoncent dans la défense du vieux monde en imposant des mesures autoritaires, voire totalitaires. Dans le même temps, de plus en plus de citoyens prennent conscience de cette dérive et de ses dangers et plus ils prennent conscience de l’illégitimité du pouvoir et des limites du système représentatif. 

              Les scenarii objectivement possible sont si nombreux qu'il serait vain de chercher celui qui nous serait le plus favorable. Il y a toutes les chances pour que les prévisionnistes se trompent ou oublient la conjonction de trois scenarii concomitants voire plus. La question n'est donc ni quand ni comment, mais que proposer en remplacement. L'idée d'une sortie de l'erreur monétaire originelle n'est peut être pas la meilleure, mais elle semble être la seule. Toutes les autres propositions sont fatalistes et conservatrices (il suffirait qu'une poignée de survivalistes résistent pour tout recommencer comme avant), ou illusoires (distribuer un revenu universel sans toucher à la croissance, décroître sans toucher à l'économie, imposer une égalité réelle sans toucher au capitalisme...)!

                

                  

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