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Désargence.over-blog.com

Délinquance.

11 Décembre 2019, 10:32am

Publié par Jef

 

                Prostitution, trafic de drogues, vols, violes et violences diverses sont des fléaux combattus depuis toujours par la Loi, la morale, la justice, les forces de police, sans que l’on puisse constater la moindre efficacité. Toutes les mesures de répression, des plus barbares comme la peine de mort, les tortures, le bagne, aux plus douces comme certaines colonies pénitentiaires suédoises ont été expérimentées.  Toutes les formes de prévention comme la prise en charge éducatives des délinquants, les mesures de sécurités, les accompagnements psychologiques, n’y ont rien fait.

                La drogue est typique de cet état d’échec permanent, que l’on s’attaque à la production, au trafic ou au consommateur, que l’on opte pour la prohibition ou de la légalisation, le problème reste le même, les trafiquants sont les plus forts et les consommateurs les plus persévérants. C’est ce qui fait dire que la délinquance et la déviance, est le propre de l’homme.

                Imaginons le même problème dans un cadre a-monétaire. Qui va s’amuser à planter du pavot ou du cannabis sinon pour sa consommation personnelle ? Qui va s’embêter à fabriquer des produits de synthèse s’il n’y a pas de profit financier ? Hors de l’argent, toute la chaîne de production s’effondrerait en quelques jours là où des armées de policiers et de juges ont lamentablement échoué. Du petit paysan pauvre devenu producteur au cartel international en passant par le dealer de quartier, tous devront se recycler !

                Il ne resterait plus que les toxicomanes eux-mêmes, contraints de produire et transformer leur drogue par eux-mêmes pour pouvoir  consommer. Bien sûr qu’ils en sont capables mais nous ne serions plus face à un problème de délinquance mais de psychologie, de prise en charge médicale, non plus face à une question sociétale mais individuelle. Tous les spécialistes savent qu’il n’y a pas d’addiction sévère sans les trois éléments suivants : la rencontre avec le produit, des circonstances particulières, et la volonté de s’y adonner. Si la production est individualisée au lieu d’être marchandisée avec de puissants moyens de marketing, la rencontre serait  nettement moindre. Si la valeur disparaît avec l’argent, les circonstances seront bien moins favorables aux addictions. Il resterait uniquement la volonté individuelle de se droguer pour soulager une souffrance, explorer des “arrières mondes” ou par simple plaisir, autant de choix qui n’entrainent pas nécessairement une toxicomanie.

                La plupart des actes délictueux qui conduisent à l’emprisonnement sont liés à l’argent. On estime à plus de 80% les condamnations dues à l’argent, à son manque, à son attrait, à sa désastreuse répartition, aux pouvoirs qu’il procure. Ce pouvoir par l’argent induit mécaniquement une justice de classe : “Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront noir ou blanc…” disait La Fontaine, et le constat est toujours aussi vrai. La justice condamne parfois plus durement le voleur de bicyclette que le politicien ayant détourné des millions, ce qui justifie la petite délinquance.

                On nous dit souvent que la désargence est une utopie mais la véritable utopie est de croire que le trafic de drogue, la prostitution, le vol peuvent être éradiqués par la loi, la répression, la prévention. On nous dit souvent que nous pensons la désargence comme une panacée, ce qui est injuste et l’exemple que je viens de prendre le montre. L’abolition de l’argent ne résoudra pas tous les problèmes et il est même vraisemblable qu’il apparaîtrait très vite des problèmes compliqués qui étaient solubles dans l’argent. Mais reconnaissons tout de même que beaucoup de dégâts nous seraient épargnés sans l’argent. Les prisons seraient au trois quart vides s’il n’y avait pas la stimulation financière. Mais le plus important est sans doute que la fin du profit comme but ultime permettrait de se recentrer sur les vraies causes de bien des difficultés, que l’on parle de dérives industrielles, de prostitution ou de toxicomanie, et se poser les bonnes questions est une grande partie de la solution. La fausse panacée reste en définitive qui consiste à s’accrocher à l’argent comme seul moyen de tout résoudre…

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