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ABÉCÉDAIRE Lettre Pro-Py

1 Décembre 2019, 15:17pm

Pro-Py

 

Progrès : Dans son livre “Tout est prêt pour que tout empire” (Seuil 2017), Hervé Kempf écrivait que  jusqu’alors, “selon une idée communément admise, le terme « progrès » supposait que la situation générale de l’humanité ne pouvait aller qu’en s’améliorant”. Mais, avec la catastrophe écologique, “il devient évident que l’action humaine détruit les conditions de son épanouissement et que la tâche de l’avenir consiste à éviter cette destruction”… Pour Hervé Kempf, “une guerre civile mondiale est engagée contre le commun des mortels sans lui avoir été déclarée le moins du monde”

                 L’histoire de l’humanité est faite de ces suites d’avancées intellectuelles, qui entraînent un progrès, font apparaître ensuite leurs limites, puis meurent sous le poids de leurs “péchés originels” et sont remplacées par d’autres avancées radicalement opposées, tout en laissant, en héritage au nouveau système, des traces archéologiques de leur existence (les ruines du Parthénon laissées par les Grecs, le calcul en base 60 laissé par les Sumériens…). Il n’y a pas de sens de l’histoire que l’on puisse comprendre et anticiper, mais une évolution incontrôlable qui va de renaissances en écroulements successifs. 

                La seule question est de savoir  ce qu’il faut réparer et ce qu’il faut accepter comme limites à la résilience… Faute de quoi, toutes les analyses du présent, aussi brillantes soient-elles, restent pauvres en solutions. Le moraliste Vauvenargues (1715-1747) disaient à ses contemporains “soyez heureux, c’est là le secret du bonheur”. La grande majorité des penseurs d’avant la Grande Crise proposaient, mais eux sans rire, des conseils de cet acabit ! 

 

Projection : Opération mentale par laquelle une personne attribue à quelqu'un d'autre ses propres sentiments. Cette notion, très courante en psychologie, a rarement été utilisée en économie. Pourtant tous les débats sur l’argent, la monnaie, la finance et a fortiori la désargence, ont été généralement riches de “projections” en tout genre.

                Sans argent, les échanges se transformeraient vite en razzia : En revanche, l’économie moderne n’a jamais opéré la moindre razzia sur les pays africains, les musées occidentaux ne recèlent aucun objet étranger qui ait été volé….

                L’argent libère de la dette : En revanche, jusqu’à la Grande Crise, tous les États endettés étaient parfaitement libres de leurs choix politiques, tous les particuliers ayant usés de prêts à la consommation ont été parfaitement libres d’accueillir chez eux les huissiers…

                Sans l’argent, le monde serait ingérable : Alors qu’avec l’argent, nous n’avions pas de prisons surpeuplées, de banlieues pourries, de chômage massif, de trafics incontrôlés, d’évasion fiscale, de famines, de dérèglement climatique et de biodiversité en danger…. 

                Dans une société sans argent, plus personne ne travaillerait : Ce qui était impensable dans un monde d’argent. On n’y voit aucun chômeur, aucun dilettante, aucun rentier oisif, aucun marginal vivant de mendicité….

                Pourquoi donc l’idée même d’imaginer un monde sans argent déclenchait-elle automatiquement la peur insensée que des malheurs arrivent et occultait ces mêmes malheurs pourtant bien visibles et bien dramatiques du fait de l’argent ? Pourquoi une désargence a-t-elle provoqué de telles projections des tares de l’ancien monde sur la vision d’un nouveau monde ? Pourquoi l’évocation d’un problème bien réel qui serait à l’évidence résolu par l’abolition de la monnaie (la prostitution et le trafic de drogue de drogue par exemple) suscitait-elle aussitôt la peur de maux encore plus graves ?

                Sans doute pour la même raison décrite par la psychanalyse : pour échapper à une émotion intolérable, celle que provoque la peur d’un bonheur hypothétique, toujours plus angoissant que nos malheurs familiers. C’est sans doute la raison qui a poussé l’humanité à s’accrocher, en dépit de toute logique, à un système partant à vau-l’eau quand une issue raisonnable lui était proposée…         

 

Prolétaires : Partie de la population n’ayant que sa force de travail à vendre pour subsister. C’est la conscience de former un groupe social à part, une classe disait-on, qui  a suscité les premières révolutions socialistes et communistes. Dès la fin du 20°siècle, des intellectuels se sont ingéniés à rendre cette conscience de classe désuète en transformant les prolétaires en employés, les syndicalistes en partenaires sociaux, les ouvriers en actionnaires…

                Le glissement sémantique s’est fait lentement mais systématiquement. La “classe ouvrière” a été réduite à la portion congrue en faisant passer quantité d’ouvriers dans le secteur tertiaire, celui des services (tel un manutentionnaire dans un entrepôt où rien n’est fabriqué, une caissière de supermarché, etc.). Rien ne changeait dans la “condition ouvrière”, mais tout changeait dans la perception que l’on s’en faisait, et même dans la perception que les intéressés avaient de leur propre définition. La condition ouvrière s’est alors dévalorisée au point que rare étaient ceux qui revendiquaient encore cette appellation.

                La multiplication des magasins de “bricolage” et des tutoriels pour réaliser la moindre réparation, le moindre travail manuel ont achevé de dévaloriser les professions manuelles. Être menuisier, plâtrier, peintre, carreleur, plombier est devenu à la portée de tous, ne nécessitait plus de formation, d’apprentissage, même quand le résultat du “bricolage” nécessitait l’intervention d’un professionnel pour réparer les dégâts.

                Aujourd’hui qu’il n’y a plus de classes mais des spécialités, que l’ouvrier est celui qui est capable d’une “œuvre”, qu’un artisan est celui qui est capable de mettre une pointe d’art dans le quotidien, qu’un instituteur est celui qui institue la vie dans l’esprit des enfants, qu’un chercheur est un bricoleur qui jongle génialement avec les concepts, les tuyaux ou les cellules vivantes, cette ancienne sémantique parait risible…

      

Propriété d’usage : La propriété d’usage s’oppose à la propriété privée ou public en ce sens qu’elle ne se réfère pas à une possession mais au droit de réserve d’un individu sur un bien en raison de ce qu’il en fait d’utile, de bien. Si la propriété privée préservait l’intérêt particulier, la propriété d’usage préserve l’intérêt commun. L’intégralité des lois de l’Ancien Régime ont été conçues dans le cadre de la propriété privée, pour la favoriser, la défendre, la définir. Pour rendre le monde actuel vivable, c’est l’intégralité des codes de justice qu’il a fallu réécrire en fonction  du nouveau paradigme, celui de l’usage.

                Passer de la possession à l’usage n’a jamais signifié passer d’un monde en conflit permanent à un monde de paix. Bien au contraire, les conflits issus de la propriété d’usage ont été longtemps violents, complexes, difficiles à trancher. Il y eu des abus d’usage comme il avait jadis des abus de propriété. Un quidam qui occupe une terre, un atelier, ou tout autre bien immobilier sans en tirer les produits que la communauté était en droit d’en attendre, reste-t-il légitimé à invoquer le droit d’usage ? Celui qui propose de prendre en charge ce bien pour en tirer de bien meilleurs avantages est-il légitimé à revendiquer un droit d’usage prioritaire sur ce bien et donc d’en chasser l’occupant précédent ?...

                Ce genre d’exemple de conflit potentiel en l’absence d’un code précis et clair, s’est multiplié à l’infini jusqu’à ce que soit admis une norme commune qui relie les hommes entre eux, leur permette de se libérer de ces liens quand ils le souhaitaient, d’en refonder d’autres ailleurs, etc. Un travail de titan puisque rien n’avait été fait ou presque avant la Grande Crise…

 

Psychiatrie : L’argent n’a jamais été l’unique cause d’un dérèglement psychiatrique, mais l’abolition de l’argent en a radicalement changé les modes d’expression.  Certes, il n’est pas toujours simple de vivre avec des psychotiques profonds, avec des schizophrènes, des pervers narcissiques, des autistes, parfois même avec des handicapés tels que les trisomiques, certains accidentés ou victimes de maladies invalidantes. Mais  tous ceux qui œuvrent auprès de ces gens,  vous diront que leur activité est gratifiante, que les handicapés les plus perturbés sont aussi capables de reconnaissance, d’amour. Ils ne font pas que recevoir mais offrent aussi, à leur manière ou selon leurs moyens, souvent plus que les gens ordinaires.

                Les contraintes qui s’imposaient jadis dans ce domaine pour de simple raisons budgétaires, empêchaient bien plus qu’elles ne permettaient. Quel soignant salarié n’a pas rêvé de partir avec son groupe offrir une belle promenade en mer, une excursion en montagne “au-dessus d’un nid de coucou” sans être obligé de déposer un projet et une demande de subvention, de tenir une comptabilité, d’être raisonnable dans les dépenses ?... Quel psychiatre n’a pas rêvé de prendre son temps pour accompagner un patient dans son délire plutôt que de l’assommer de neuroleptiques, voire de l’enfermer dans une cellule capitonnée, revêtu de ces infâmes camisoles de contention ?...

                A la fin de la deuxième décennie du siècle, l’état de la psychiatrie était épouvantable. De restriction budgétaire en réduction de personnel, la prise en charge des patients était devenue une gageure menant la plupart des praticiens au burnout. Une surdose de médicament coûtait moins cher que l’accompagnement par un ou deux infirmiers. Le soin en ambulatoire était plus économique que l’hospitalisation. Tout était revu régulièrement à la baisse dans le sens d’une économie budgétaire. Il est même étonnant que le système entier n’ait pas explosé sous cette pression, preuve que l’ensemble du personnel psychiatrique travaillaient par amour de leur mission bien plus que pour les avantages financiers qu’elle leur procurait.     

                Aujourd’hui, non seulement l’entourage immédiat a le temps et les moyens de soutenir le plus faible, mais le spécialiste qui s’est formé dans le domaine très particulier de la psychiatrie est au moins dégagé des contraintes matérielles pour agir ! L’hôpital s’est désenclavé, s’est intégré dans la vie sociale globale, les soins sont plus souvent de l’accompagnement que de la contention chimique (réservée à l’urgence), et surtout, l’idée d’un droit à la “neurodiversité” ayant fait son chemin (comme il avait été déjà fait au sujet du droit à la diversité sexuelle), la cohabitation entre des personnes aux comportements les plus divers s’est bien apaisée.

 

Publicité : Communication de masse visant à fixer l'attention d'une cible visée (consommateur, utilisateur, usager) afin de l'inciter à adopter un comportement souhaité, généralement l’achat d'un produit. La “pub”  n'était pas limitée aux biens de consommations ou aux services. Elle pouvait aussi promouvoir des hommes ou des femmes, vanter un lieu touristique, une organisation gouvernementale, ainsi que des événements sportifs ou culturels, l’essentiel étant toujours de s’accaparer un marché.

                La pub était nécessairement mensongère, faisant d’un dentifrice un produit odontologique miracle, mais aussi un extraordinaire moyen de séduction, d’intégration sociale. “Vos dents blanches sont votre meilleur atout…”, “Votre haleine fraiche vous fera aimer…” La pub était souvent habillée d’arguments scientifiques : “testé par les meilleurs laboratoires…”, “contient du fluor stanneux stabilisé qui réagit aux spécificités de vos dents…”. La pub jouait sur les ressorts les plus malsains, de la frustration sexuelle au manque d’estime de soi. 

                La pub était omniprésente : à la télévision, dans les journaux, les radios, sur le Web, dans la rue, dans les boites aux lettres… Le pire, c’est que cette publicité mensongère, coûteuse, inutile mais envahissante, terriblement consommatrice de papier, d’énergie, de technologies, était payée par le consommateur, lequel n’a jamais rien demandé ! En effet, le coût de la pub était toujours répercuté sur le prix des produits (surcoût de 10 à 50% selon les cas). En outre, dans la comptabilité des entreprises, le coût de la publicité entrait dans les frais, donc en diminution du chiffre d’affaire, donc en déduction des impôts. Les États ne pouvant diminuer leur assiette fiscale, ce qui était ainsi déduit de l’impôt des grandes entreprises via la publicité était réparti sur l’ensemble des impôts sur le revenu des particuliers, de ceux-là même qui supportaient cette publicité non désirée ! 

                Le budget de la pub était énorme (500 milliards de dollars dans le monde en 2017), soit l’équivalent de ce qu’il aurait fallu pour éradiquer définitivement la faim dans le monde et les problèmes d’accès à l’eau potable. De ce fait, le coût de la publicité n’a jamais été réellement évalué et encore moins son coût écologique. Les chiffres précis auraient jeté le trouble dans les esprits tant ils auraient été jugés délirants. Pendant que l’on faisait, à la télévision, la promotion des économies d’énergie au sein des familles (éteignez vos lampes dans les pièces inoccupées, fermez vos ordinateurs en veille…), un simple panneau publicitaire lumineux, comme il en existait des millions dans les rues des villes, consommait autant que deux familles (cuisine et chauffage compris) !

                Ces aberrations ont pourtant subsisté tant qu’il y a eu l’argent, le profit, les lois de marché. Trop d’intérêts étaient en jeu, ne serait-ce que les millions d’emplois générés par la pub, depuis le petit distributeur de flyers dans les boites aux lettres, jusqu’au PDG des grandes firmes publicitaires (en 2012, le patron de  Publicis, Maurice Lévy, s’est vu attribuer un bonus de 16 millions d’euros, soit l’équivalent de plus de 1000 années de SMIC net, scandale vite étouffé par le lobby français de la publicité).

                L’abolition des profits monétaires a entraîné la mort subite de la publicité, ce qui a radicalement changé le paysage urbain et médiatique, l’aspect des emballages, la présentation des produits mis en circulation. La fin de la pub a fait baisser la consommation de papier, d’eau, d’énergie, de métaux et terres rares, elle a considérablement réduit (sûrement de moitié) la production de gaz à effets de serre, de pollutions diverses.

 

Public-privé : Opposition induite par l’usage de l’argent et qui a disparu, tout comme l’opposition payant-gratuit. A la fin de l’Ancien Régime, le libéralisme avait transféré l’essentiel de la sphère publique (ce qui était organisé et financé par la collectivité) au profit de la sphère privée (accaparée et gérée par des individus). Une étape intermédiaire fut inventée avec le PPP (Partenariat Public Privé). Cette “astuce” permettait au privé d’investir dans les secteurs rentables puis d’empocher les bénéfices, et de laisser l’État investir dans les secteurs non rentables et y perd de l’argent.

                In fine, le privé apparaissait efficient, rationnel, bon pour la société, et le public couteux, inopérant, socialement incohérent. Une fois la privatisation intégralement installée, dans tous les secteurs économique, y compris sur les biens communs réputés inaliénables, on s’est aperçu du piège mais trop tard pour revenir en arrière. Il n’est pratiquement plus resté que l’air, de toute façon irrespirable, à échapper aux privatisations !

 

Prostitution : Le plus vieux métier du monde disait-on, comme pour laisser croire qu’il serait éternel. Pourtant, la plupart des sociétés ont tenté de lutter contre la prostitution, soit pas la prohibition pure et simple soit par l’encadrement dans des maisons spécialisées, dites “closes”. Il faut bien admettre que les systèmes les plus répressifs (tels ceux des pays soumis à la charia qui punissait de lapidation la moindre déviance) autant que les systèmes les plus permissifs n’ont jamais résolu le problème.

                En effet, tant que des personnes étaient dans une précarité matérielle dramatique, la tentation de survivre en marchandisant son corps était compréhensible. Tant que les inégalités de richesses donnaient un pouvoir démesuré aux riches envers les plus pauvres, il était inévitable que certains en abusent. Tant qu’un service, fut-il sexuel, était doté d’une valeur et susceptible de produire de la plus-value, le proxénétisme ne pouvait qu’être florissant.

                Ce fut un argument que mirent en avant les “désargentistes” qui en firent le parangon du problème insoluble dans un cadre monétaire, immédiatement soluble sans l’argent. Imaginer un monde où rien ne pourrait être échangé contre une faveur sexuelle était sans doute excessif. Se faire remplacer dans une tâche indispensable pouvait aussi bien servir de prix à la dite faveur. L’échange de sa ration de nourriture contre une gâterie ne peut  ni être contrôler ni être interdit. La prostitution sera toujours possible dès qu’un échange “de bons procédés” subsistera.

                Mais là où les tenants d’une désargence avaient raison, c’est que l’échange marchand étant remplacé par l‘accès direct, les habitudes, les modes de pensées ont changé plus vite que l’on croyait, plus radicalement aussi. L’habitude d’échanger tout et n’importe quoi induisait le commerce de l’intimité. L’accès à tout ce qui était essentiel a ramené peu à peu le problème de l’intime à l’usage personnel que l’on fait de son corps. On a le droit d’en ouvrir l’accès ou de le fermer à qui bon nous semble, le droit d’en user ou pas à sa guise… Ce que l’on appelait jadis prostitution a pu subsister mais à titre de droit, jamais d’obligation ou de contrainte. Et cela change tout, surtout pour ceux qui jadis faisaient profession d’exploiter ce que d’autres acceptaient de faire de leur corps !

    

Pyramide : Le modèle géométrique de la pyramide a longtemps été la représentation symbolique du divin. Theillard de Chardin (jésuite, philosophe français, 1881-1955) écrivait : “…car, par nature tout ce qui est foi monte; et tout ce qui monte converge inévitablement.” Dieu est au plus haut, la foi élève l’homme vers Dieu et plus on s’élève, moins on est nombreux mais plus près de la perfection. Il était logique que toutes les représentations du monde ressemblent à cette pyramide, qu’on la retrouve aussi bien dans la vallée des rois en Egypte, dans les ziggurats mésopotamiennes, dans les temples maya que sur le “one dollar” américain ! Normal aussi que toutes les institutions humaines (Églises, États, entreprises, écoles…) ait adopté ce même schéma divin, y compris dans les structures matérialistes et athées.

                C’est sans aucun doute le numérique qui a mis à mal cette construction mentale en lui substituant le pouvoir latéral, la décentralisation du type polycellulaire comme dans tout organisme vivant et non divin. On a sous-estimé le pouvoir du smartphone et des réseaux sociaux dans leur capacité à briser la pyramide, sans doute autant que l‘on a surestimé leur pouvoir addictif et leur potentialité de surveillance dictatoriale. En effet, le pouvoir immédiat et constant de donner son avis sur tout, de s’autoriser à affirmer, à savoir, à penser par le biais d’un tweet, d’un message Facebook, d’un commentaire de blog, ce pouvoir a tué l’expert, le sachant, le penseur, l’éditorialiste, l’essayiste. Sans plus aucune hiérarchie, je me permets de vous dire ce qui me passe par la tête, sans justifications ni références, simplement parce que j’ai, main-tenant, un petit appendice ouvert sur le monde entier qui m’y autorise. J’écris un livre que personne ne veut lire et encore moins éditer, no problem ! Je le mets en ligne sur un site gratuit, sans contrôle ni conseil.

                Le pire et le meilleur était à attendre de cette nouveauté. A s’affoler du pire, on a oublié le meilleur, le fait que le réel existe toujours et que si j’écris des âneries personne ne les lira, sauf celui qui un jour voudra me nuire et ressortira mes délires dont j’aurai honte. Si au contraire je soumets une idée lumineuse à laquelle personne n’avait pensé, ce petit smartphone si critiquable me donne la possibilité de la confronter à des millions d’autres pensées. Plus besoin d’Académie, de Comités de censure ou de promotion, l’idée est bonne, elle fait le tour du monde ; elle est mauvaise, je la remballe. Combien de Mozart ont-ils été assassinés dans l’œuf faute d’avoir eu un tel outil en main ?...

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